L’IDÉOLINGUISTIQUE OU CONLANGING : AU CARREFOUR DE L’ART ET DE LA SCIENCE

Par Ywan Cooper.

L’idéolinguistique, que vous connaissez peut-être mieux sous son nom anglais « conlanging », est une activité consistant à créer des langues. Elle a trois motivations principales :

  • Offrir au monde une langue neutre et universelle avec plus ou moins de réussite (ou « langues auxiliaires internationales» : volapük, espéranto, latino sine flexione, interlingua, interlingue etc.) parfois selon un principe donné (« langues logiques » comme l’ithkuil) ;
  • Approfondir un monde de fiction (quenya, klingon, dothraki, haut valyrien, na’vi etc.);
  • Le hobby.

Le mot « conlang » est l’abréviation de « constructed language », donc « langue construite ». Mais pourquoi et comment en arrive-t-on là ?

YC contribution

PRINCIPES DE L’IDÉOLINGUISTIQUE

On pourrait croire qu’une langue est, par principe, toujours artificielle, parce qu’elle est créée par l’Homme pour l’Homme.  Pourtant, non : une langue comme le français est dite « naturelle » car elle est issue de centaines d’années d’évolution non conscientisée , régie par une masse de nombreux locuteurs. Impossible d’établir un contrôle sur une telle langue : c’est un organe trop gros pour répondre à la volonté d’un individu ou d’un petit groupe de personnes.


Note : une langue construite peut devenir naturelle à partir du moment où elle compte des locuteurs courants qui ne sont pas à son origine. Par ailleurs, les locuteurs de l’interlingua considèrent généralement cette langue comme étant naturelle car elle revendique une simplification des langues romanes, et en aucun cas une transformation ; on parle alors parfois de langue contrôlée. Il convient donc de toujours considérer l’artificialité d’une langue comme relative.  


Si l’idée d’une véritable langue artificielle, c’est-à-dire créée sur l’impulsion d’une ou plusieurs personnes pendant un court laps de temps, se retrouve sporadiquement au cours des deux derniers millénaires, l’idéolinguistique n’a vraiment pris son essor qu’à la fin du XIXe siècle : le volapük, première langue auxiliaire internationale à vraiment fonctionner (et a fortiori la première langue construite populaire), voit le jour en 1880, rapidement supplanté par l’espéranto, né quant à lui en 1887.

Autant ces langues ont survécu au temps qui passe , autant sont-elles encore très éloignées de leur vocation, plaçant notamment les locuteurs de l’espéranto dans une cruelle ironie : ils sont nombreux mais disparates et non reconnus, ce qui rend leur connaissance relativement inutile en l’état, et invisible surtout, malgré le nouveau tremplin qu’Internet représente pour eux. Pour promouvoir leur langue, il faut qu’ils en utilisent d’autres, typiquement l’anglais, renforçant ainsi paradoxalement le monopole de cette dernière sur la scène mondiale.

En 1907, J.R.R. Tolkien, professeur, philologue et écrivain en devenir, a quinze ans. C’est l’âge auquel il commence de  créer des langues, inaugurant du même coup  la langue construite à des buts récréatifs. Il les conçoit d’abord pour son propre divertissement, mais cela deviendra plus tard celui d’autres : sa carrière et sa popularité aidant , ses langues artificielles (le quenya et le sindarin tout particulièrement) deviennent des sources d’inspiration et de fascination pour les générations suivantes.

D’un certain côté, il est le père du klingon, du dothraki, du haut valyrien et du na’vi, toutes ces langues conçues pour apaiser la faim  d’un public toujours plus exigeant en matière de réalisme et de raffinement dans la fiction ; des langues commerciales, en quelque sorte. Elles ont toutes été créées par des spécialistes (linguistes, consultants linguistiques ou créateurs de langues professionnels).

Mais dans l’ombre de ces grands mouvements, l’idéolinguistique est aussi un hobby pour des amateurs. Qui sont-ils ?

 

POURQUOI CRÉER UNE LANGUE PEUT ÊTRE UN HOBBY ?

Vaste question, pourtant la réponse est simple : l’idéolinguistique est une occupation créatrice au même titre que n’importe quelle autre. Il s’agit avant tout de satisfaire une passion, d’en tirer quelque chose de concret soi-même.

Devant les langues, on se sent toujours un peu bête : elles sont de gigantesques outils de communication d’une richesse dont personne ne peut avoir pleinement conscience, et leur apprentissage nous est souvent pénible. Créer une langue, c’est prendre sa revanche sur l’ineffabilité de ses spécimens. Comme tous les créatifs, les conlangers sont des passionnés. En second lieu , ce sont (dans l’immense majorité des cas) des personnes avec  un attrait prononcé pour les langues (leur pratique, dans tous les sens du terme). Ceux qui le combinent avec un intérêt dans la linguistique  (l’étude et la théorie des langues) vont parfois aller très loin : phonétique, vocabulaire, grammaire… Autant d’aspects fascinants que le créateur va vouloir développer.

EN PRATIQUE

Les façons de pratiquer le conlanging et les personnalités à qui s’affilier sont diverses. On peut s’improviser en nouveau Ludwig Lejzer Zamenhof (espéranto) ou Hans Martin Schleyer (volapük) pour créer une langue auxiliaire originale selon un principe personnel. Mais d’autres options existent.

 

Idéolinguistique logique

 

Parfois, la langue est motivée par un principe précis, poussé à son maximum, qui la caractérise. On parle alors de “loglang” ou “engineered language”, sans équivalent français mais qu’on peut traduire par “langue logique”.L’idéolinguistique logique est le débouché de diverses utopies :

  • la suppression de toute ambiguïté : chimère poursuivie par le lojban (créé par le Logical Language Group en 1987) ou l’ithkuil (créé par John Quijada à partir de 1978, une langue d’une complexité incommensurable mais qui permet de concire énormément un propos) ;
  • le minimalisme : le toki pona (Sonja Lang, 2001) a réduit le nombre de phonèmes à quatorze et le nombre de mots à cent vingt. Quoique parfois ambigu ou imprécis, il est admirablement pratique pour exprimer tous les concepts de la pensée humaine ;
  • l’expérimentation scientifique : le láadan (Suzette Haden Elgin, 1982) se définit comme une « langue logique féministe» et a pour objectif de déterminer si le monde passé au crible d’une langue pour les femmes apparaîtrait différemment qu’avec une langue unisexe (test de l’hypothèse de Sapir-Whorf évoquée plus haut) ;
  • la conformité à la façon de penser : l’aUI (W. John Weilgart, 1975) a été créé par un psychologue afin de préserver l’essentiel des notions exprimées par le langage ;
  • le pouvoir sur les foules : attention, on entre ici dans le monde de la fiction ! La novlangue est la langue officielle d’Océania dans le roman 1984 de George Orwell (1949). Son principe est aussi basé sur l’hypothèse de Sapir-Whorf : en réduisant le nombre de mots existants, le gouvernement fictif imaginé par Orwell rend le peuple stupide et manipulable, éliminant l’idée même de critiquer ladite langue.

 

Idéolinguistique artistique

 

Le plus souvent, les idéolinguistes veulent incarner Tolkien lui-même et créer des langues artistiques, harmonieuses ou étonnantes. Peut-être pour approfondir un monde imaginaire à soi ? Il peut être extrêmement satisfaisant de voir la langue forcer son créateur à l’employer d’une certaine manière quand il ne peut plus contourner les traits grammaticaux ou les mots dont il l’a lui-même dotée. Car  créer une langue n’est pas une déviance finie en elle-même : il viendra toujours un moment où le créateur sera déçu de ses trouvailles, voudra en changer par souci de cohérence, jusqu’à abandonner son projet où se résoudre à le remodeler souvent. Il vient toujours un moment où la langue développe sa propre volonté.

En tout cas, une langue n’étant jamais complète  (fût-elle naturelle), l’idéolinguistique est un art condamné à esquisser des premiers jets d’une œuvre infinie. Généralement, ses créateurs modifient leur projet régulièrement pour tenter de le faire obéir à une esthétique qui leur plaise. Cela donne un ordre d’idée de la prouesse de créer toute une langue auxiliaire sur un principe figé comme l’espéranto, dont la grammaire couvre tous les besoins du langage humain et dont le vocabulaire demeure malléable face aux nouveaux objets et concepts qui apparaissent constamment dans le monde. Zamenhof est resté fidèle à ses idées, et il avait vu juste.

La plupart des idéolinguistes conçoivent des langues dont l’aspect est très proche de celui de leur langue natale ou de celles qu’ils connaissent. Car ils sont souvent des polyglottes qui ressentent le besoin de faire une synthèse de leur savoir, à leur manière. Quand ils ont des connaissances en linguistique – qui peuvent s’acquérir en autodidacte, rien d’ésotérique là-dedans -, ils s’orientent généralement vers des langues construites très réalistes. On distingue alors les langues dites a priori et a posteriori. Les premières sont légèrement ou pas du tout inspirées de langues naturelles, tandis que les secondes s’inscrivent au contraire dans le continuum de ces dernières.

Un créateur de langue a posteriori peut par exemple fabriquer une nouvelle langue romane. Il va alors reprendre les procédés par lesquels une langue évolue réellement – changements phonétiques, simplifications grammaticales, influence de langues voisines, emprunts lexicaux – jusqu’à fabriquer un cousin artificiel du français. C’est là que le conlanging se distingue des arts « typiques » ; il ne suffit plus de s’imprégner du travail de grands créateurs ou d’apprendre des règles pour savoir s’en jouer ou s’y conformer tour à tour. Le talent n’a pas vraiment sa place non plus, à moins par exemple d’inventer un système d’écriture, qui tiendra par contre du talent graphique et non « linguistique ». Pour faire des langues réalistes, il faut connaître les règles académiques de la linguistique, et s’y tenir. Mais ce n’est pas obligatoire.

L’idéolinguiste a donc un choix : faire de la création pure, ou tirer de ses connaissances un résultat scientifique… ce qui reste pourtant de la création. C’est en ça que le conlanging se situe sur la ligne de crête très rarement atteinte entre l’art et la science.


VUE D’ENSEMBLE DE QUELQUES IDÉOLANGUES

 

Le volapük (langue auxiliaire internationale créée par Johann Martin Schleyer en 1880) Le volapük est la première langue construite qui ait connu un succès populaire. Elle a toutefois été supplantée très vite par l’espéranto car elle était beaucoup plus difficile d’apprentissage et moins ouverte. Son créateur était particulièrement hostile à tout changement.

Le volapük a huit voyelles et vingt consonnes. Sa grammaire, inspirée des langues germaniques, est objectivement simple mais unique, ce qui la rend absconse pour un locuteur de n’importe quelle langue. Elle empêche néanmoins beaucoup d’ambiguïtés. Les mots y ont des origines diverses, parfois impossibles à déterminer, ce qui rend la mémorisation du vocabulaire plus difficile, avec en revanche un apport non négligeable à sa neutralité. Il est écrit en alphabet latin. Son nombre de locuteurs total est difficile à déterminer avec précision, mais ils ne sont que quelques dizaines à ce jour.

 

L’espéranto (langue auxiliaire internationale créée par Ludwig Lejzer Zamenhof en 1887) L’espéranto est la plus aboutie des langues auxiliaires internationales. Basée sur un minimalisme raisonnable qui limite au maximum le nombre de racines lexicales dont elle a besoin, elle avait à l’origine été conçue pour être absolument neutre, mais l’influence de locuteurs enthousiastes sur un Zamenhof laxiste l’a laissée dériver vers un fondement latin qui est aujourd’hui le plus gros argument de ses détracteurs.

L’espéranto a cinq voyelles et vingt-trois consonnes. Sa grammaire est particulièrement louée pour son minimalisme très bien jaugé, inspiré des langues romanes. Tous ses mots sont tirés de mots préexistants dans des langues naturelles, en majorité des langues romanes. Il est écrit en alphabet latin. Son nombre total de locuteurs est impossible à déterminer avec précision ; les estimations varient généralement entre cent mille et dix millions. Il existe aussi des locuteurs natifs  de cette langue (de deux cent à deux mille selon Ethnologue).

 

Le quenya (langue artistique créée par J.R.R. Tolkien à partir de 1915) Le quenya est la première langue artistique devenue populaire. D’inspirations diverses (y compris finnoise), elle est parlée par des peuples elfiques dans son roman Le Seigneur des Anneaux publié entre 1954 et 1955. Elle est devenue une langue commerciale quand elle a été réutilisée dans les adaptations cinématographiques (sous une forme appelée « néo-quenya » car les doutes ont été palliés par une réinvention des détails manquants).

Le quenya a dix voyelles et trente consonnes. Sa grammaire, pas toujours pleinement développée, est relativement complexe et rappelle l’esthétique des langues finniques. Son nombre de locuteurs (humains !) est très peu élevé et l’incomplétude de la langue par son créateur est un obstacle énorme qui pousse parfois les passionnés à en recréer des morceaux arbitrairement. Il possède un système d’écriture propre appelé « tengwar ».

 

Le klingon (langue artistique commerciale créée par Mark Okrand en 1985). Le klingon est la première langue à avoir été utilisée dans un but seulement commercial. Elle est la langue des Klingons, un peuple de la franchise Star Trek. D’influence amérindienne, elle est souvent décriée pour son manque de réalisme, mettant trop l’accent sur des sonorités extraterrestres et une grammaire ostentatoirement opposée à ce que l’on rencontre dans les langues naturelles. La langue est apparue pour la première fois en 1979 sous la forme d’un charabia non encore normalisé.

Le klingon a cinq voyelles et vingt-et-une consonnes. Sa grammaire est minimaliste (elle est notamment dépourvue de temps verbaux) et présente la particularité d’évoquer une culture violente, sans formules de politesse par exemple. Son nombre de locuteurs humains est très peu élevé malgré la promotion de la langue sous diverses formes. Il possède un système d’écriture propre appelé « pIqaD », et sa transcription latine est reconnaissable par l’utilisation de caractères majuscules.

 

Le na’vi (langue artistique commerciale créée par Paul Frommer en 2009). Le na’vi est la langue parlée par le peuple éponyme dans le film Avatar de James Cameron et les suites qui sont en cours de tournage depuis fin 2017. D’influences indéfinissables, elle a été fabriquée pour répondre à une esthétique unique et agréable à l’oreille. Elle est l’exemple d’une idéolinguistique plus raffinée dans les œuvres de fiction modernes.

Le na’vi a sept voyelles et vingt consonnes. À la manière du klingon, sa grammaire assez complexe est volontairement opposée à celle des langues naturelles. La langue présente la particularité de se développer de manière collaborative : quoique le créateur – appelé affectueusement « Pawl » par ses fans – garde entière autorité sur la manière dont elle évolue, ses locuteurs (de quelques dizaines à quelques centaines) peuvent lui proposer de nouveaux mots, parfois intégrés au dictionnaire. Le na’vi est encore en cours de développement. N’ayant pas de forme écrite sur sa planète d’origine, il est transcrit en alphabet latin.

Toutes les autres…

Il existe de plus en plus de langues construites. On peut compter les très réalistes et très originaux dothraki et haut valyrien de l’univers de Game of Thrones qui sont également très populaires. Chez les langues auxiliaires, il y a encore les moins connues ido (adapté de l’espéranto), romanid (langue à base romane créée en 1956 par le Hongrois Zoltán Magyar), slovio (langue auxiliaire slave de Mark Hučko fabriquée à partir de 1999), Idiom Neutral (tiré du volapük à partir de 1902 par Waldemar Rosenberger), etc. Mais il y a aussi des exemples plus cocasses et insoupçonnés de langages créés dans un but artistique : le kobaïen du groupe de rock français Magma, l’atlante créé par Mark Okrand pour le film d’animation Disney Atlantide, l’empire perdu, ou même… le schtroumpf !

Quant aux personnes qui créent des langues comme un hobby, elles travaillent toujours dans un anonymat très peu médiatisé, au sein de communautés spécialisées. Pour leur rendre la pareille, concluons cet article par des traductions d’idéolangues amateurs. Les extraits proviennent de la communauté anglophone ConWorkShop. Les créateurs sont crédités par leur pseudonyme.

 

PETITE GALERIE D’IDÉOLANGUES AMATEURS

 

Tout est meilleur avec des couleurs.

Allhvät é lotser niep Hamnaia.

[älθvæt ɛ lɔt͡sɛɾ ni:ɛp hämnäɪä]

Langue xynder créée par Avlönskt, un jeune britannique multilingue et multitalents. Cette langue est extrêmement réaliste et légèrement basée sur les langues germaniques. Son créateur la parle presque couramment.

 

Il vaut mieux vivre un jour tel un lion que cent ans tel un mouton.

Iinqnu han q aitur quqsau an n kaih hkurtak suq arniitn n kaih niixar.

[iːɲpɾ̃u hən p ɛd͡zuɹ kupsɔ ən n kɛh xurdək sup ərniːd͡zn n kɛh niːʔəɹ]

 

Langue tnaaq créée par xroooox. Le tnaaq présente un très fort phénomène d’allophonie (changement des sons par rapport aux sons qui les entourent) qui résulte en une prononciation complètement différente de son écriture.

 

Je t’aime pour être venu(e) et je t’aime pour être parti(e)

Uvado ta he na nuhe atohi u uvado he na nuhe noheohi.

[uʋɐdɑ tɐ he nɐ nuhe ɐtɑhi u uʋɐdɑ he nɐ nuhe nɑheɑhi]

 

Le jutean (nom anglais) créé par Jute. Cette langue est très largement inspirée des langues austronésiennes comme l’hawaïen, partageant avec elles un très petit nombre de phonèmes (dix voyelles et onze consonnes).

 

Tes mots sont ma nourriture, ton souffle mon vin. Tu es tout pour moi.

U dohrokak mojír, u öljmak sarapok. Un am pöb.

[ʊ dɔ:rɔkɑk mɔji:r ʊ œlmɑk ɕɑrɑpɔk | ʊn ɑm pœb]

 

L’ov, une langue créée par l’auteur.

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CONCLUSION

N’ayez pas peur du mot « idéolinguiste » ! Il sonne pompeux mais ne désigne en aucun cas un spécialiste. L’idéolinguistique est un art mais c’est avant tout une synthèse d’une passion pour les langues qui ne nécessite ni talent, ni connaissances préalables. Vous pouvez la pratiquer dans votre coin ou rejoindre des communautés comme The CBB, ZBB, ConWorkShop (tous en anglais ; l’auteur recommande chaudement le dernier) ou L’Atelier (en français ).

 


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