Découverte architecturale en terres Mosellanes

Par Philippe Poivret.

Massive, solidement posée au sol, l’église Saint Maximin de Thionville s’impose par son volume sur la rive gauche de la Moselle. Surprenant le voyageur à la sortie de la gare sur la rive droite, elle relève d’une architecture militaire avec ses deux tours de guet de part et d’autre de la façade. 

Un peu plus loin, l’hôtel de ville occupe l’ancien couvent des clarisses. Sa façade toute en fenêtres surmonte une galerie et des arcades. Elle s’illumine au mois de décembre en attendant Noël, pour former un calendrier de l’Avent. Et peu plus loin encore, un musée archéologique se cache dans la Tour aux Puces, ancien donjon qui doit, paraît-il, son curieux nom, à une erreur de traduction du luxembourgeois vers le français. 

Avec le Beffroi, autre bâtiment symbole de la ville, et les rues alentour, l’église Saint Maximin est au cœur du centre historique de Thionville et au cœur des Thionvillois. Restaurée pendant huit ans de 2010 à 2018 pour un coût de presque deux millions d’euros, elle mérite que l’on pousse l’une de ses deux portes pour admirer la nef avec ses trois vaisseaux, le transept non saillant et le chœur, tous magnifiquement restaurés dans leur blancheur initiale. Les vitraux géométriques sur les deux côtés, et ceux, figuratifs, du chœur illuminent tout l’intérieur pour peu qu’un peu de soleil vienne y déposer ses rayons. Et c’est tout l’ensemble qui rayonne alors avec le grand baldaquin de style rococo qui surplombe l’autel. Chef d’oeuvre parfois attribué à Jean Melling et Jean Remacle, il représente Dieu le père en pleine gloire. Derrière ce fameux baldaquin, c’est Saint Maximin lui-même qui apparait. Né en Aquitaine, nommé évêque à Trèves vers 325, il a combattu l’hérésie arienne qui contestait le caractère divin de Jésus. A Thionville, il est représenté guidant le bon peuple dans la bonne direction. 

En bas du chœur, la chaire à prêcher, autre chef d’œuvre du début du XVIII siècle représente les quatre apôtres avec leurs symboles habituels : Marc et son lion ailé, Luc et son taureau ailé, Matthieu et l’ange qui lui ressemble et Jean avec son aigle. 

En se retournant depuis le chœur vers l’entrée de l’église, l’orgue apparait dans toute sa splendeur. En 1577 un premier orgue est mis en place mais remplacé par un autre, neuf, en 1704. Il subit de multiples dégradations, est restauré et finit par être inauguré, après d’ultimes travaux confiés au facteur Alfred Kern, le 5 octobre 1969. Le buffet, partie visible de l’orgue, splendeur de l‘art baroque, masque trois claviers manuels et un pédalier, 44 jeux et 3500 tuyaux. Orné d’angelots, finement décoré, c’est avec le baldaquin, l’une des deux pièces maîtresses de cette magnifique église.

Il reste à évoquer la coupole garnie de fenêtres pour recueillir la lumière qui vient d’en haut donc de Dieu, placée au-dessus du croisement du transept et de la nef et les deux grands tableaux de part et d’autre du chœur avec une annonciation toute en hauteur à gauche et une crucifixion à droite. Pour terminer la visite, il faut sortir par la porte latérale, retrouver les bords de la Moselle et conclure par une promenade le long des quais. Thionville mérite bien une visite avant Noël !

 

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Une contribution de Philippe Poivret, responsable de la rubrique Lire et relire du mensuel franco-italien Passaparola dont nous vous recommandons chaleureusement la lecture.