Interview exclusive avec James Kennedy | (French & English version)

Par Jeanne Becker.


This article is available both in French and in English, please scroll down the page to read our interview in English.


Ce mois-ci, nous retrouvons James Kennedy, auteur-compositeur-interprète gallois, que nous vous avions présenté en novembre 2018. Au printemps 2019, vous aviez pu découvrir son questionnaire à la Proust.Toujours aussi actif et créatif, James Kennedy vient de sortir un nouvel album, Make Anger Great Again (sous son label indépendant Konic Records), ainsi qu’un premier livre, Noise Damage : My Life as a Rock’n’Roll Underdog. Il nous dit tout dans cette interview*!

*Bilingue. This interview is available both in French and in English, please scroll down the page to read our interview in English.

Pro/p(r)ose Magazine : Bonjour James. Quoi de neuf ? Nous vous avions rencontré à l’occasion de la sortie de votre album Home. Il paraît que vous avez de bonnes nouvelles pour nous aujourd’hui…

James Kennedy: (En français : Bonjour !) Comment ça va ? C’était dingue ces derniers mois, tout s’est bien passé pour vous ? Merci beaucoup pour ce nouvel entretien. Eh oui, je suis bien de retour avec mon nouvel album (‘Make Anger Great Again‘, le 25 septembre) et mon premier livre (Noise Damage : My Life as a Rock’n’Roll Underdog, le 18 octobre). 

Pro/p(r)ose Magazine : Au cœur de votre livre vous évoquez la musique (en tant qu’ industrie), l’argent, les relations, la chance et son contraire. C’est à la fois drôle et sans concession, puisque vous partagez tout, évoquant à la fois vos propres démons, votre psychothérapie couronnée de succès et votre combat gagné contre l’addiction. Vous détaillez également votre processus de création musicale. Quand et pourquoi avez vous décidé d’écrire un livre ?

James Kennedy : Mon groupe, Kyshera, s’est séparé en décembre 2018 et j’ai commencé à écrire ce livre en janvier 2019, donc je ressentais toutes sortes d’émotions  à cause de la façon dont ça avait fini – de la tristesse, de la colère, de la nostalgie, de la déception, parce que c’était la fin d’une période essentielle de ma vie – et je pense que ce livre, c’était ma façon à moi de donner du sens à cette étape et de reprendre mes repères. Je n’ai jamais vraiment et clairement décidé d’écrire un livre mais je pense que c’est à ce moment où une certaine période de vie s’est achevée que j’ai pu prendre du recul, remettre les choses dans leur contexte et aller de l’avant.

Pro/p(r)ose Magazine : Vous adorez lire. Durant l’interview menée en 2019, vous nous aviez confié apprécier Carl Sagan, Noam Chomsky, George Orwell, John Pilger, Dan Gardner, Yuval Noah Harari, Richard Dawkins, Tony Benn. Vous ont-ils inspiré lors de l’écriture de votre livre ?

James Kennedy: Pas vraiment. Mon livre est très différent de ceux que j’ai pu lire. Je l’ai écrit comme je parle – je jure, j’exagère, mon ton est familier, métaphorique et il n’est pas très documenté (rires) . C’est facile à lire et à la portée de tous. C’est un livre pop culture sur mon parcours personnel dans l’industrie musicale – c’est léger et plein d’anecdotes débiles sur mes tournées, mais j’y évoque également les revers de médaille que vous avez mentionnés – l’addiction, la pauvreté, l’exploitation et la santé mentale. Il s’agit aussi des leçons de vie que j’ai tirées des épreuves que j’ai pu traverser, de toute une aventure et de l’aspect magique que revêt la musique. C’est tout ça à la fois, et les retours que j’ai pu recevoir jusqu’à présent ont été tout à fait encourageants !

Pro/p(r)ose Magazine : Comment, en tant qu’artiste, gérez-vous la période covid-19 ? Quels sont les défis et les enjeux actuels ?

James Kennedy : En fait j’étais à Paris quand le confinement a été annoncé et je suis rentré au Pays de Galles le lendemain. Je ne peux pas le cacher – ça n’a pas été si mal pour moi. Je trouve ça déplacé, ces célébrités déprimées, sur les réseaux, qui disent que c’est « super dur pour elles ». C’est insultant pour les millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, luttent au quotidien pour nourrir leur famille, les personnes âgées, fragiles ou malades, les travailleurs qui sont en première ligne et notamment les soignants – ce sont bien eux qui rencontrent de véritables difficultés. Pour moi ça n’a pas changé grand-chose. Évidemment ça a été difficile de ne pas voir mes parents, etc., et bien sûr le milieu de la musique a été dévasté par la pandémie mais je mentirais si je disais que ça m’a traumatisé. Pour moi, il faut rester unis pour stopper la diffusion du virus, les gens doivent rester à la maison, respecter les règles, ne plus aller à la plage et des conneries comme ça. C’est comme ça qu’avec de la chance, l’épidémie s’éteindra. Je ne suis pas surpris qu’il y ait de nouveaux pics de contagion, étant donné que les pubs ont ouvert à nouveau il a quelques semaines. Nous pourrons reprendre nos activités habituelles bien plus rapidement si nous restons prudents. Oh, et puis, les théoriciens du complot, on a vu ce que c’était…Des idiots qui n’y connaissent rien.



Pro/p(r)ose Magazine : Et si on parlait politique ? Le titre « To make anger great again » nous rappelle quelque chose (NDLR, le slogan de campagne de Donald Trump, ‘Make America Great Again’)… Vous vous adressez notamment à ceux qui sont désespérés, ignorés, oppressés… C’est l’heure de la révolution ?

James Kennedy: On a vraiment besoin de se rappeler qui détient véritablement le pouvoir sur cette planète ! Les Britanniques feraient bien de prendre exemple sur les Français. Les Français, ils SAVENT comment manifester, nous, ici, on est trop poli. Mais bon, les révolutions sont souvent gâchées par des groupes qui en profitent pour réaliser leurs propres ambitions politiques. Du coup, sans une organisation précise et beaucoup de préparation pour la SUITE, après la révolution, ça ne peut pas fonctionner sur le long terme. Toutefois, une action citoyenne collective permanente (et je ne parle pas d’agiter des pancartes – Il faut le faire à la française !), ça permet aux gouvernements de se souvenir qu’on peut leur ôter le pouvoir quand il le faut. Si ce n’est pas via les urnes, ce sera par la force. Je pense qu’il est important de s’en souvenir. 

Pro/p(r)ose Magazine : Comment envisagez-vous l’avenir ?

James Kennedy : Pour l’instant je vais uniquement faire la promo de l’album et du livre, ce qui m’occupera bien cette année. Ça va être tendu pour le moment de faire des concerts et des tournées, tout est en suspens. J’espère que par la suite je pourrai faire une vraie tournée, je suis impatient de jouer mes nouveaux morceaux en live ! Par contre, si cette pandémie dégénère en véritable apocalypse, du genre le parfait cauchemar, alors j’écrirai peut-être un autre livre (rires).


-English-

Pro/p(r)ose Magazine : Hello James. What’s up? We met you when Home was released. Now, rumour has it you have good news for us…

James Kennedy: Bonjour! How are you?! Have you been safe and ok during all this craziness? Thanks so much for having me back – and yes, I’m back with not just my new album (‘Make Anger Great Again’ coming on Sept 25th) but also my first book (Noise Damage : My Life as a Rock’n’Roll Underdog coming on October 18th). 

Pro/p(r)ose Magazine : In Noise Damage, you deal with music (as an industry), money, relationship, luck and bad luck. It is both funny and gritty, as you share with us almost everything, from your own demons to your successful therapy and recovery from addictions. You also tell us about your creative process, as far as songs are concerned. When and why did you decide to write a book?

James Kennedy : Well my band ‘Kyshera’ broke up in December 2018 and I started writing the book in January 2019, so I think I was feeling a lot of mixed emotions about the band ending the way it did – sadness, anger, nostalgia, disappointment, the end of what was a huge part of my life – and I think the book was my way of making sense of it all and coming to terms with my life’s journey up to that point. I never made a conscious decision to write a book but I think that what drove me to do it was definitely that moment where my old life had ended and I was looking back (and forward) and trying to get some context on it all. 

Pro/p(r)ose Magazine : We know you love reading. Back in 2019, you told us you were fond of Carl Sagan, Naom Chomsky, George Orwell, John Pilger, Dan Gardner, Yuval Noah Harari, Richard Dawkins, Tony Benn… Did they inspire you as far as writing this book was concerned?

James Kennedy: Not really. Mine is a very different type of book to the ones that I read. ‘Noise Damage’ is written just like I talk – full of swear words, exagerration, slang, metaphor and bad research ha ha. It’s a very easy read, it’s not highbrow or academic at all. My book is a pop culture book about my personal journey through the music industry – it’s light hearted and has lots of silly tour stories in it but it also deals with many of the serious issues within our industry, exactly like you mentioned – addiction, poverty, exploitation and mental health. I also talk about all of the life lessons I learned through the struggle and the book is ultimately about the journey & the magic of music. It’s a mixed bag but so far the response has been completely positive! 

Pro/p(r)ose Magazine : As an artist, how do you deal with the covid-19 epidemic? What are the challenges you are facing due to this both sanitary and economic crisis?

James Kennedy : I was actually in Paris when the French lockdown was announced and I came back to Wales the following day. I can’t lie – it hasn’t been too bad for me. I think it is offensive to see those celebrities online getting all depressed and emotional about ‘how hard it’s been for them’ – it’s offensive to all the millions of people who are living in poverty and struggling to feed their family, to elderly, vulnerable or sick people, to key workers and nurses – they are the people who are all having it the hardest. It’s not been much different for me, in all honesty. Obviously it’s been hard not being able to see my parents and things like that and of course my industry has been absolutely devastated by the pandemic but if I said ‘oh it’s been so traumatic for me’, I’d be lying. For me, I think we just need to work together to stop the spread of the virus, people need to stay home and stop flouting the rules and going to the beach and doing stupid shit and then hopefully, the virus will naturally fade out. But it’s no surprise that a few weeks after they opened the pubs again here, that we’ve seen these big spikes in cases again. Let’s just do what we’ve got to do and we can all get back to normality again quicker. Oh and conspiracy theorists have really shown themselves for what they are haven’t they! Uninformed idiots who should be ignored. 



Pro/p(r)ose Magazine : Let’s talk about politics! ‘To make anger great again’ rings a bell… You speak ‘To the disillusioned/The ignored & oppressed/ The time has come’. Is it high time for a revolution?

James Kennedy: We are long overdue some kind of mass public reminder of who really wields the power in this world! The British could learn a lot from the French about that!  The French KNOW how to protest but we are too polite here. Revolutions are usually corrupted though by groups who want to take advantage of it for their own political ambitions and without clear organisation and preparation for how to set things up AFTER the revolution, I think they’re usually destined to fail long term. However, regular mass action by the public (and I don’t mean politely waving banners – I mean proper French style action!) is a healthy reminder to governments that we can take their power away any time we want. If not by ballot, then by force. I think it’s good to remind the powerful of that sometimes. 

Pro/p(r)ose Magazine : How do you imagine the future? What’s next?

James Kennedy : Well at the moment my life is all about promoting the album & the book so that will take up most of this year and as long as we stay in lockdown then performing and touring is going to be off limits, so it’s all up in the air in the moment. Hopefully, what’s next will involve a proper tour because I can’t wait to play these songs live! But if this pandemic turns in to a full scale dystopian apocalypse then maybe I’ll write another book ha ha.  


  • Make Anger Great Again
  • Konic Records
  • Noise Damage, my life as a rock’n’roll under dog
  • Eye Books
  • 288 pages
  • ISBN : 978-1785632143