Vertige d’Azur : Danube | Rencontre exclusive avec le duo nantais d’électro-pop

Par Karen Cayrat.

Avec Vertige d’Azur, le duo nantais Danube composé de Julie Trouvé et de Max Adams nous offre un premier single hypnotique se singularisant par des sonorités hybridant électro-pop et rock agressif. Un premier son réussi pour un groupe talentueux qui sans conteste devrait retenir votre attention. A travers un entretien exclusif, Pro/p(r)ose Magazine vous invite à la découverte d’un univers à part et de deux artistes à la sensibilité aiguisée. 

Pro/p(r)ose Magazine : Pourriez-vous dans un premier temps revenir sur votre parcours ? De quelle manière en êtes-vous chacun venu à la musique car il est intéressant de souligner pour nos lectrices et lecteurs que vous êtes tous deux issus d’horizons musicaux tout à fait différents ? Comment vous êtes vous rencontrés artistiquement, quel a été le déclic à la constitution de ce duo Danube ?

Danube  : Max a pratiqué le piano en école de musique, cursus à l’ancienne. Mais il n’avait pas d’attrait pour la musique jusqu’au lycée, où il a découvert les groupes de musique. Là, il a pris un plaisir fou à jouer avec d’autres, mais surtout prendre part à la composition jusqu’à composer soi-même. Après un bac scientifique et des études dans le social, il décide de consacrer sa vie et son temps à la musique où il crée plusieurs projets musicaux, passant de Wave’s Kid à Max Adams et de RIVES à Danube.

Julie, quant à elle, a débuté la musique très jeune, au Conservatoire de Poitiers. Après avoir fait de la chorale, du trombone à coulisse et de la guitare électrique, elle fonde un duo de chansons folk avec sa cousine Carla Siméon , qui deviendra plus tard le groupe Kokopeli au sein duquel elle officie toujours au chant et à la basse. En parallèle de ses études de Lettres aux universités de Poitiers et de Bordeaux, elle monte le groupe Polar Moon aux côtés de Guillaume Bernard et de Julien Lepreux et suit durant un an le groupe Jabberwocky en tant que chanteuse-live. Après ses études, elle envisage de se consacrer pleinement à la musique et continue d’intégrer des groupes tels que le groupe d’électro Rio Vero, puis Danube.
Nous nous sommes rencontrés par le biais de notre batteur ! Danube avait besoin d’une chanteuse, Max a contacté Julie et nous nous sommes réunis avec beaucoup de points artistiques en commun. Donc c’est grâce à Danube que nous avons pu nous rencontrer !

Pro/p(r)ose Magazine : Comment se passe en général votre travail ensemble ? Pouvez vous aborder avec nous le déroulé de votre processus créatif ? 

Danube : Le projet est encore assez récent, ça fait à peine un an que nous travaillons ensemble ! Du coup, c’est plutôt Max qui s’occupe de la composition et de l’écriture pour que le projet avance efficacement. A l’avenir, nous aimerions pouvoir échanger davantage, surtout sur l’écriture, pour que les paroles puissent être imprégnées plus facilement et plus intensément en live.
Une fois la composition terminée, nous répétons ensemble, et, avec le recul de Julie, nous faisons les finitions ensemble !

Pro/p(r)ose Magazine : Avec ce titre envoûtant, Vertige d’Azur vous questionnez le désir et les passades. Vous racontez l’histoire d’une passion en perpétuelle tension et le poids des jugements que la société peut faire peser sur elle, entre intrusion et malveillance. Comment est née cette envie d’explorer ce continent ? 

Danube : Cette envie vient plutôt du vécu de Max, de ses expériences amoureuses. Après une longue relation, il a voulu explorer de nouvelles façon d’aimer, ce qui lui a plu dans un premier temps, mais pas trop par son entourage. On trouvait important de parler de ce poids que peut porter le regard des autres sur notre façon d’être, de vivre une relation, car, ça peut influencer l’évolution d’une histoire, et pas dans la direction initiale.

Pro/p(r)ose Magazine : Pouvez-vous revenir sur la genèse de ce titre, de l’écriture à sa composition sonore ? 

Danube: Vertige d’Azur est le premier morceau qui a été composé sous le nom de Danube, c’est la naissance du projet et c’est pourquoi il nous a paru important de le sortir en premier. A la base, nous surfions sur la langue anglaise, mais à force, on tombait un peu sous les mêmes schémas de nos autres projets musicaux. Alors, nous avons décidé d’écrire pour la première fois en Français ! Cependant, l’écriture vient toujours après la composition sonore chez Danube. Il nous paraît important de pouvoir déjà raconter quelque chose sans les mots et ensuite de les ajouter pour préciser le sens du morceau.

Pro/p(r)ose Magazine : On sent avec ce premier titre, un soin particulier accordé aux mots, quelles sont vos sources d’inspirations ? Parallèlement, il nous semble percevoir dans les rythmes et les distorsions esquissés une volonté de mouvement, peut-être une sorte de magma voire de rage intérieure, une envie en somme de faire bouger les lignes. Que peut selon vous la musique ? Et comment voyez-vous le rôle de l’artiste aujourd’hui ?

Danube : Le morceau a été écrit à la base en Anglais par Max, et l’idée était de se rapprocher au mieux de son univers métaphorique. Il s’est inspiré de Feu! Chatterton notamment, qui a aidé à créer ce processus d’écriture en Français qui n’est pas le même qu’en Anglais.
La musique est l’essence même du projet. Pour nous, elle va déjà raconter ce qu’on pourra dire avec les mots. Elle raconte les différentes phases de l’histoire, passant d’un amour passionnel à une relation contrôlée, d’une envie d’évasion à une oppression constante . Elle vient ponctuer l’histoire contée.

L’artiste a pour premier objectif de permettre aux gens de s’évader le temps d’un instant, de se libérer du quotidien qui peut être redondant. On est là pour ponctuer leurs journées, donner un rythme selon les phases de leur vie. Mais on veut aussi raconter des choses, notre vécu essentiellement, qui pourrait faire écho à leur histoire, se sentir concerné et pouvoir prendre du recul sur des plaies encore dur à panser. 

Pro/p(r)ose Magazine : Nous sommes très curieux quant à un potentiel EP ou album de votre composition. Peut-on espérer d’autres titres prochainement ? Quels sont vos projets pour la suite ? Et que pouvons nous vous souhaiter ?

Danube : Nous n’avons pas prévu de sortir un EP ou un album prochainement, car, on a davantage l’envie de sortir des singles qui représenteront l’ensemble de notre projet au fur et à mesure de son évolution. Nous avons quelques tournages et enregistrements de prévu prochainement donc nous aurons quelques morceaux à vous présenter d’ici la fin de l’année !!

Pro/p(r)ose Magazine : Merci d’avoir pris le temps de répondre à nos quelques questions. On rappelle que le premier single de Danube est sortie il y a peu et disponible à l’écoute.