« Où sont passés vos rêves ? » : quand Alexandre Prévert nous propose de renouer avec nos songes

Par Aurore Lecanu. 

Jeune pianiste de 23 ans et créateur du stand-up classique, Alexandre Prévert allie musique, poésie et humour pour nous inviter dans son dernier spectacle « Où sont passés vos rêves ? » à renouer avec nos rêves à travers nos petites histoires personnelles et les rêves réalisés ou perdus de grands personnages de la grande Histoire. Pro/p(r)ose Magazine a pu avoir le plaisir de découvrir ce spectacle le 8 novembre lors de sa représentation à Lyon et vous propose de partager avec vous nos impressions.

Au départ, on ne peut que se demander de quel genre de spectacle il s’agit ici. Un concert de musique classique par un pianiste renommé ? Un récital de poésie ? Du stand-up ? Alexandre Prévert a fait le pari plutôt risqué d’associer ces univers au premier abord très différents et autant dire qu’il s’en tire très bien. Avec ce concept, il parvient à rendre plus accessible deux univers, la musique classique et la poésie, malheureusement souvent considérés comme élitistes voire démodés par le grand public. Et pour parachever le tout, il ajoute une petite touche de philosophie autour des thématiques du rêve et de l’Histoire avec un grand H. 

Il s’agit d’un spectacle très personnel pendant lequel l’artiste se dévoile et le public a un aperçu de son parcours et de ses rêves passés, présents et futurs. Le tout est mis en perspective avec les rêves du public et ceux de grands personnages de l’Histoire, introduisant à chaque fois une thématique particulière : rêve d’amour, rêve d’aventure, rêve de révolution, rêve d’égalité, etc. Les sujets abordés autour de ces rêves peuvent être très sérieux (ségrégation, Shoah, totalitarisme, liberté d’expression, etc.) et poussent à la réflexion mais Alexandre Prévert sait détendre l’atmosphère avec une touche d’humour juste, parfois osée et dans laquelle les références modernes rencontrent les personnages historiques : on croise en effet Christophe Colomb, Verlaine, Kaaris et Booba, Twitter, Beaumarchais, Le Figaro, Coyote et Bip-Bip, la Reine de Neiges, le film Inception et plein d’autres encore. 

Les poèmes et morceaux de piano illustrent chacune des thématiques avec un registre à la fois riche, accessible et émouvant allant de Beaumarchais à Prévert en passant par Verlaine et Apollinaire pour la poésie et de Mozart à Hans Zimmer en passant par Chopin et Gershwin pour la musique. Comme on pouvait s’y attendre étant donné son parcours musical (conservatoire de Paris et premiers prix de piano à l’international), Alexandre Prévert propose une interprétation à la fois virtuose et sensible des morceaux choisis. Et pour ce qui est de la poésie, sa diction est au service du texte, sobre mais expressive, laissant résonner les mots pour permettre au spectateur de s’imprégner des émotions évoquées par les poèmes.

Proche de son public, l’artiste multiplie les interactions avec celui-ci pendant le spectacle en le faisant participer que ce soit par des questions directes ou une invitation à le rejoindre lors de la déclamation de certains poèmes ou chansons connus de tous (ou presque). Il n’hésite pas non plus à prendre le temps de discuter quelques moments avec les spectateurs à l’issue du spectacle.



 

Une petite mise en garde cependant pour les non-anglophones, Alexandre Prévert a fait le choix d’énoncer un extrait du célèbre discours de Martin Luther King dans la langue originale, à savoir l’anglais. Il s’agit à mon sens, d’un choix très risqué même si tout à fait compréhensible : d’un côté le public risque de ne pas saisir toute les nuances de ce discours en raison de la barrière de la langue, mais de l’autre, une partie de ces mêmes nuances risquerait d’être perdue dans une traduction française, aussi bonne soit-elle.

Après une petite pause philosophique en se questionnant sur les notions de rêve et de philosophie à travers Zuangzhi (une belle découverte pour nous) et Schubert, le spectacle se conclut en invitant le spectateur à renouer avec ses rêves et à les réaliser. Il s’agit d’une invitation simple qui fait chaud au cœur car il est vrai qu’on oublie ou enterre trop souvent ces rêves qui devraient nous porter.

Pour conclure, si vous aimez la musique, la poésie ou souhaitez tout simplement passer un bon moment en découvrant (ou redécouvrant) de grands poètes, compositeurs ou personnages historiques, nous ne pouvons que vous recommander d’aller voir ce spectacle à la fois drôle, touchant et profondément enrichissant.

Retrouvez également notre interview exclusive d’Alexandre Prévert…

 

Prochaines représentations :

  • 25 novembre 2019 à 20h00 à l’Auditorium Beethoven (Ter Elst) à Anvers (Belgique)
  • 3 décembre 2019 à 20h00 au Bataclan à Paris (France)
  • 15 décembre 2019 à 18h00 au Salon Ceferino à Vilanova i la Gerltru (Espagne)
  • 1er février 2020 à 21h00 au Théâtre du Casino à Evian (France)
  • 19 février 2020 à 20h30 à la Salle Jean Gabin à Royan (France)

 

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